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[PRESSE] Vallons-de-l’Erdre : Le premier méthaniseur turbine à Saint-Sulpice-des-Landes

Les heures filent, le téléphone crépite. Pas de temps mort chez Brigitte et Thierry Boussin, agriculteurs à la Bohinière, un petit hameau en bordure de départementale, entre Saint-Mars-la-Jaille et Saint-Sulpice-des-Landes (Vallons-de-l’Erdre). « Il y a un peu de stress au démarrage », reconnaît Thierry Boussin, 45 ans, assis devant l’ordinateur, dans la salle à manger de la maison familiale.

Installé depuis vingt-cinq ans là où, autrefois, ont travaillé ses parents et ses grands-parents, il est, avec sa conjointe, à la tête d’une exploitation de 75 vaches laitières et 200 ha de terres, cultivées avec l’aide d’un salarié. En 1997, le couple a ajouté à son activité un élevage de canards. Depuis un peu plus d’un mois, c’est une unité de méthanisation qui turbine au cœur de l’exploitation.

De quoi s’agit-il ? Une cuve recouverte d’un dôme, où fermentent fumier, lisier et végétaux, pour produire du biogaz, vendu à GRDF et injecté dans le réseau, et du digestat, un fertilisant qui sera ensuite épandu sur les terres cultivées, explique l’agriculteur en pointant les différents bâtiments sur une photo aérienne du site. L’objectif est de traiter, chaque année, 3 000 tonnes de lisier de canards, 2 500 tonnes de lisier de bovin, 1 000 tonnes de fumier. S’ajoutent 3 000 tonnes de végétaux – dont des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) : seigle, légumineuse, vesce, moutarde, etc. ; et du maïs « dans la limite de 15 % des intrants » – qu’ils produisent eux-mêmes sur leurs parcelles.

Des matières produites sur place

Soit, au total, moins de onze mille tonnes de matières premières, ce qui place cette unité de méthanisation parmi les plus modestes. Très loin, en tout cas, derrière des projets de grande ampleur comme à Puceul ou Corcoué-sur-Logne. Porté par une seule exploitation, le site de Sulpice-des-Landes ne devrait pas engendrer de va-et-vient de camions : lisier et fumier sont produits et stockés sur place.

Coût de l’investissement : 3 millions d’euros. « On y réfléchit depuis trois ans et demi », confie le couple. « Au départ, on avait prévu d’agrandir notre élevage de canards, ce qui nous aurait apporté plus de lisier disponible. La conjoncture, en 2019 puis en 2020, nous a freinés. On a courtisé les exploitants voisins pour récupérer du fumier. Sans trop de succès pour l’instant. »

Thierry Boussin a entendu les critiques visant ce choix de « produire » du lisier et des cultures normalement destinées à l’alimentation, pour nourrir le méthaniseur (1). « On a du mal aujourd’hui à être concurrentiel sur le marché des céréales, très international. Est-ce que ça va changer grand-chose si on prend un peu de ces cultures pour fabriquer de l’énergie ? »

Il souhaiterait, à l’avenir, pouvoir valoriser les déchets verts de collectivités ou d’entreprises. Près de la trémie d’insertion où les matières sont incorporées dans le digesteur, un réservoir est destiné à recevoir des produits issus de graisses végétales. « On envisage, à terme, de solliciter des industriels pour ces apports. »

« On devient un peu des industriels »

Le biogaz produit sur le site est épuré pour se transformer en biométhane injecté dans le réseau de consommation de gaz de Saint-Mars-la-Jaille, via 2, 5 km de canalisations de raccordement. « Notre première intention était de produire de l’électricité, ce qui nous aurait coûté deux fois moins cher. On nous a convaincus qu’il y avait un fort potentiel de consommation de gaz, avec les entreprises présentes sur le secteur. » Une convention a été passée avec GRDF, assurant un tarif bloqué pendant quinze ans.

Le quotidien des exploitants agricoles a pris une nouvelle tournure. Assisté par un apprenti en cours de formation sur la méthanisation, Thierry Boussin passe « deux à trois heures par jour » sur l’unité. D’ici un an, il envisage de recruter un salarié pour le seconder dans cette gestion, en grande partie informatisée. « Tous les quinze jours, on reçoit une analyse chimique complète. Une hotline nous répond sept jours sur sept. Et en cas de problème, on reçoit des alertes par sms. On n’était pas habitué à ça » sourit Thierry Boussin. « On sort de notre monde agricole pour entrer dans le monde industriel. On parle de sommes plus importantes, avec des mots différents, et des relations différentes, aussi. »

source:  Ouest France, le 16/10/20

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