Les Journées du Patrimoine ne permettront pas seulement de (re)découvrir des édifices culturels et institutionnels. Car c’est bien dans ce cadre que l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France ouvre les portes de ses unités de méthanisation, pour ses Journées nationales du biogaz.
Dans le Puy-de-Dôme, grand public, agriculteurs, élus locaux et autres acteurs du territoire pourront découvrir ce procédé sur la Ferme Le Roc, à Orcival.
Pédagogie
« Ces portes ouvertes permettront de savoir ce qu’est la méthanisation et qu’il peut y avoir des cercles vertueux. Il me semble que les méthas paysannes à production raisonnable sont les bienvenues, car plus adaptées à nos territoires et à nos campagnes », introduit Sébastien Bony.
L’agriculteur travaille avec sa femme, son frère, sa sœur et trois associés sur la Ferme Le Roc, achetée à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) en 2016. Ils traient 180 vaches pour la fabrication et l’affinage de saint-nectaire, et élèvent une centaine de brebis et une quinzaine de ferrandaises, sur 260 hectares de prairies naturelles. L’autonomie de l’exploitation a permis de passer en bio en 2020.
Calquée sur les besoins de la ferme
L’unité de méthanisation a été imaginée dès le départ. « C’est la plus petite pour être à l’équilibre économiquement et la mieux adaptée à notre ferme. » La puissance du moteur ? 160 kilowatts. Son coût ? Un million et demi d’euros, avec un retour sur investissement espéré sur douze ans.
On a voulu une méthanisation au service de notre ferme et qui se marie avec elle, car s’il n’y a pas d’équilibre, tu es en danger.
Construite en 2018 et raccordée au réseau électrique, cette unité de méthanisation dispose d’une capacité de 2.200 mètres cubes. Chaque jour, elle reçoit 20 mètres cubes de lisier (produit par les animaux) et deux mètres cubes de petit-lait. Le lisier est poussé régulièrement par un racleur qui l’envoie dans une préfosse, d’où il est ensuite redirigé vers l’unité de méthanisation toutes les deux heures. Ce lisier ainsi que le petit-lait issu de la transformation fromagère sont transformés en digestat grâce à des bactéries, qui ont besoin de manger tout le temps et régulièrement. Elles digèrent une partie de la matière organique et produisent ce biogaz de par leur fonctionnement.
Précieuses bactéries
Le moteur à gaz est refroidi grâce à un circuit d’eau qui permet de récupérer la chaleur. Une partie de cette chaleur sert à garder le méthaniseur à 35°C. Le reste est récupéré pour chauffer le bureau et le magasin, et sert à produire l’eau chaude de la salle de traite, de la fromagerie ainsi que l’eau chaude utilisée pour le lavage du matériel de cave.
« Quand on en a assez, on s’en sert pour faire boire de l’eau tiède à nos vaches », développe Sébastien Bony. L’été, la chaleur est également dirigée vers le séchage du foin en grange.

Matières organiques
Sur la Ferme Le Roc, la méthanisation a permis de régler le problème des matières organiques. Car le sol des parcelles, déjà très riche, était encombré par les apports supplémentaires. Grâce à la méthanisation, les parcelles reçoivent désormais du digestat « qui est très intéressant pour nourrir la plante ». Ce passage de cent jours de la matière en méthaniseur permet d’obtenir un produit minéral présentant des nutriments plus intéressants.
La Ferme Le Roc a fait réaliser une étude sur la vie de ses sols par un agronome, quatre ans après le changement de ses pratiques.
« Il a trouvé une vie prolifique. On a beaucoup de vers de terre, un système racinaire très développé et une homogénéité de pH sur un mètre et demi de profondeur. Donc, on peut penser que la pratique mise en place est validée. »
Le bon fonctionnement de cette unité de méthanisation (classée) est quant à lui confié à Laurent, embauché à mi-temps sur l’exploitation.